Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : après la très belle rétrospective Kazan, un petit crû autour de David Lean ?
Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : après la (re)découverte l’an passé d’un auteur prolifique, à la fois metteur en scène de théâtre et réalisateur de films, c’est à une ballade cinématographique autour des scénarios de Jean-Claude Carrière, de l’émouvant Buster Keaton, des réalisations de David Lean et d’auteurs plus ou moins connus que nous nous sommes livrés (les canadiens Denis Côté et Ryan Redford, les norvégiens Erik Løchen et Joachim Trier, le tchadien Mahamat-Saleh Haroun).
Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : après le choc de la découverte des Visiteurs de Kazan nous projetant dès 1971 dans l’après-guerre du Vietnam, aucun film ne nous a procuré une émotion aussi intense. Lassitude du cinéphile après quelques dizaines de films visionnés ? Non le 7ème art est divers et peu d’opus méritent le qualificatif de chef d’œuvre.
Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : après une rétrospective 2010 oscillant entre les œuvres du débutant appliqué des studios hollywoodiens jusqu’à celles du réalisateur sûr de sa maîtrise, la (re)découverte des réalisations de David Lean ne pouvait souffrir la comparaison, même s’il faut lui reconnaître un talent dans le choix des images et des cadrages - retrouvant le lyrisme de Ford dans son eastern Lawrence d’Arabie/ Lawrence of Arabia (Royaume-Uni, 1962) - ; le sens du récit dans les fresques historiques projetées sur grand écran, notamment Le pont de la rivière Kwaï (Royaume-Uni, 1957) où une opposition se fait jour entre le colonel Nicholson et le chef du camp japonais autour du sort qui doit être réservé aux prisonniers de guerre dans le cadre des Conventions de Genève ; le parti pris féminin dans Vacances à Venise/ Summertime (Royaume-Uni, 1955) et La fille de Ryan/ Ryan’s Daughter (Royaume-Uni, 1970).
Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : alors quel bilan ?
Une rencontre avec Juan Carlos Rulfo, cinéaste de l’écoute comme l’avait révélé l’avant-première de son documentaire Los que se quedan (Mexique, 2008) et confirmé la projection d’En el hoyo (Mexique, 2006), la projection un peu chaotique à l’image de cette interminable guerre du Liban dans Le Faussaire de Volker Schlöndorff (Allemagne/ France, 1980), la traversée sous le soleil de l’Atlantique pour découvrir à la médiathèque l’exposition « Jean-Claude Carrière, un hétéroculturel à La Rochelle » et son passionnant entretien avec Jacques Chancel, le visionnage de Khodorkovsky de Cyril Tuschi (Allemagne, 2011) n’apportant que peu d’éclaircissements sur la personnalité du célèbre magnat russe opposant emprisonné de Vladimir Poutine, la découverte de Portier de nuit/ Il Portiere di notte de Liliana Cavani (Italie, 1974) dont la polémique semble rétrospectivement un peu vaine, le plaisir de revoir un film historique avec Danton d’Andrej Wajda (France/ Pologne, 1983) dont les costumes ne sont que l’enveloppe charnelle des troubles politiques et des joutes oratoires Danton/ Robespierre Lech Walesa/ le général Jaruzelski, et la poursuite du compagnonnage avec l’œuvre singulière de Bruno Dumont dans Hors Satan (France, 2011)…
Les éditions se suivent et ne se ressemblent pas : après la très belle rétrospective Kazan et un petit crû autour de David Lean, une belle aventure de cinéma en 2012 ?

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